Les heures cachées des soins de faible valeur

Le Dr René Wittmer présente un outil pratique visant à alléger le fardeau administratif grâce à la réduction des soins de faible valeur. 

Les heures cachées des soins de faible valeur

Le Dr René Wittmer présente un outil pratique visant à alléger le fardeau administratif grâce à la réduction des soins de faible valeur. 

Les professionnels et professionnelles de la santé du Canada sont confrontés à une charge de travail croissante et doivent gérer une demande toujours plus forte, laquelle s’accompagne d’une hausse des tâches administratives et d’une pression accrue sur le système de santé. Les soins de faible valeur passent souvent inaperçus, même s’ils contribuent souvent à cette tension. La panoplie de tests de suivi, de demandes de consultation et de rendez-vous inutiles génère des heures de travail qui pourraient être consacrées aux soins réellement nécessaires.

Médecin de famille au Québec, le Dr René Wittmer connaît très bien la pression associée à la charge de travail des professionnels et professionnelles de la santé. Il souligne l’importance de mesurer le temps consacré aux soins de faible valeur et considère les recommandations de Choisir avec soin comme une solution pratique pour alléger la charge de travail.

« Beaucoup de choses sont faites sans raison », explique le Dr Wittmer. « En réduisant les interventions qui n’offrent aucun avantage à la patientèle, les professionnels et professionnelles de la santé pourront consacrer ce temps à des soins qui améliorent vraiment la santé et la longévité des patients et des patientes. »

Même les plus petites tâches finissent par s’accumuler. Les analyses sanguines courantes, les ostéodensitométries et les examens d’imagerie pour les douleurs lombaires – lorsqu’ils sont réalisés en l’absence de signaux d’alarme – peuvent représenter des jours, voire des semaines de travail chaque année. Par exemple, selon une étude de cas réalisée dans une clinique où travaillent 10 professionnelles et professionnels de la santé, on estime que la suppression des prélèvements sanguins courants pour les patients et patientes, en l’absence d’indication clinique claire, permettrait de gagner jusqu’à 20 jours par année. Au-delà des heures de travail gaspillées, bon nombre des interventions de faible valeur offrent très peu d’avantages, voire pas du tout. Dans certains cas, ces interventions peuvent même nuire aux patients et patientes.

Pour aider les professionnels et professionnelles de la santé à évaluer le temps consacré aux soins de faible valeur dans leur pratique, le Dr Wittmer a créé la calculatrice de temps nécessaire pour traiter (TNT). Plus qu’une simple calculatrice, cet outil en ligne encourage une réflexion sur les pratiques cliniques et sur les interventions inutiles qui pourraient être éliminées.

Les avantages liés à la réduction des soins de faible valeur vont au-delà de la charge de travail. Le temps ainsi gagné peut être consacré à la prise de décision partagée avec les patients et patientes et à d’autres mesures visant à réduire les risques de préjudices.

« Je peux prendre le temps de discuter avec mes patients et patientes et me concentrer sur les éléments qui amélioreront réellement leur état de santé », précise le Dr Wittmer.

À terme, il souhaite que l’outil prenne également en compte le temps des patients et patientes, souvent perdu dans les déplacements pour rendez-vous, l’attente en clinique ou les interventions inutiles. En tenant compte des heures cachées consacrées aux soins de faible valeur, les professionnels et professionnelles, de même que la patientèle, pourront se concentrer sur ce qui compte vraiment.

Pour en savoir plus ou favoriser une pratique axée sur la réflexion, consultez notre page Web Allégeons la charge de travail.