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Points de vue

Pourquoi faire une planification préalable des soins?

par : Choisir avec soin

La pandémie de COVID-19 a mis la planification préalable des soins à l’avant-plan.

La planification préalable des soins consiste à réfléchir aux soins de santé et personnels que l’on veut recevoir et à faire part de ses volontés. La liste de recommandations de Choisir avec soin dressée par la Société canadienne des médecins de soins palliatifs suggère d’« éviter de retarder les discussions sur la planification préalable des soins ». Selon la recherche, la planification préalable des soins hausse le degré de satisfaction du patient et des membres de sa famille, réduit la probabilité que le patient doive être soigné à l’hôpital en fin de vie, écourte le séjour à l’hôpital et augmente les chances de recevoir des soins palliatifs en établissement.

Malgré ces avantages, on estime que moins d’une personne sur cinq au Canada a préparé un plan préalable de soins.

Ce dernier permet notamment d’indiquer le lieu de décès privilégié. « On sait qu’au Canada, 75 % des gens préféreraient mourir chez eux, explique le Dr Amit Arya, médecin en soins palliatifs de la région du Grand Toronto. Mais on sait aussi que les soins actifs sont très utilisés en fin de vie, donc que les interventions des professionnels ne cadrent pas nécessairement avec les valeurs et les souhaits des patients. »

La pandémie de COVID-19 a mis le sujet de la fin de vie à l’avant-plan. Qui n’a pas été dévasté ou sidéré de savoir que des gens mouraient seuls à l’hôpital parce que les visites étaient interdites au sommet de la crise? Les témoignages nous ont rappelé qu’il y a un coût humain à passer ses derniers jours dans un établissement de soins actifs plutôt qu’à un endroit accessible aux proches.

Il peut être difficile de parler de la fin de vie, et les raisons d’éviter de le faire sont nombreuses. La famille et les proches peuvent se sentir mal à l’aise ou gênés, ou avoir peur d’aborder le sujet. C’est la même chose pour les professionnels de la santé : beaucoup trouvent difficile de discuter avec les patients de leurs volontés concernant la mort et la fin de vie (article en anglais). Certains d’entre eux voient la mort comme un échec de leur part ou jugent qu’ils sont mal outillés (pas préparés) pour lancer la discussion.

Il faut surmonter ces craintes, car la fin de vie est un sujet incontournable, surtout dans le contexte actuel. L’incertitude et les pressions engendrées par la pandémie montrent de façon éloquente que notre état de santé peut changer rapidement, sans signes avant-coureurs majeurs. Voilà pourquoi le moment est bien choisi pour souligner l’importance de se préparer en faisant une planification préalable des soins.

Prêchant par l’exemple, le Dr Arya a publié sur Twitter, en avril 2020, ses réflexions sur ce qui pourrait lui arriver, advenant le pire.

« Il y a quelques semaines, j’ai fait un cauchemar. J’étais aux soins intensifs, intubé et suffocant. Je me réveillais en pleurs, cherchant désespérément ma famille. », pouvait-on lire dans son gazouillis (en anglais). D’après la suite, le médecin a discuté de ce qui comptait pour lui avec sa mandataire désignée (son épouse), et tous deux s’en sont trouvés rassurés.

La pandémie de COVID-19 est une période charnière, où les professionnels de la santé et la population devraient réfléchir à l’importance de discuter ouvertement de ses volontés concernant les soins de fin de vie. Avec une deuxième vague qui nous guette, jamais il n’a été aussi capital d’avoir un plan préalable.

La planification préalable des soins est un processus parfois bouleversant, et la discussion risque d’être difficile. Mais une fois faite, elle aide les proches dans des moments difficiles et garantit le respect de nos volontés en fin de vie.

Le Dr Amit Arya est médecin en soins palliatifs dans la région du Grand Toronto. Il enseigne pour la division des soins palliatifs de deux universités : l’Université McMaster et l’Université de Toronto.

 

Amorcer la discussion :

Ressources pour les professionnels de la santé :

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