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Guides pratiques

Trousse à outils : Avec Les Hormones T3 et T4, Moins, C’est Mieux

L’hypophyse est très sensible aux changements des taux d’hormones thyroïdiennes libres et ajuste donc rapidement la sécrétion de thyréostimuline (TSH) par rétrocontrôle négatif. Compte tenu de ce mécanisme physiologique contrôlé étroitement, l’American Thyroid Association (ATA) recommande de privilégier une stratégie axée sur la TSH plutôt que sur le dosage des taux d’hormones thyroïdiennes libres dans l’évaluation des pathologies primaires de la thyroïde1. C’est également l’approche que recommande la Société canadienne d’endocrinologie et de métabolisme, par l’intermédiaire de Choisir avec soin2.
Bien que les dosages de la T4 libre (T4l) et de la T3 libre (T3l) aient remplacé les mesures des taux globaux de T4 et de T3, ils ne sont indiqués que dans certains cas cliniques. À l’Hôpital Women’s College de Toronto, 65 % des dosages de la T4l et 59 % de ceux de la T3l ont été commandés pour des patients ayant une TSH normale. Cette proportion élevée d’analyses « superflues » a motivé la mise en place d’une intervention d’optimisation de l’intendance des ressources visant à réduire de 50 % les dosages de la T4l/T3l pour promouvoir des soins de grande valeur.

On a d’abord instauré un programme d’éducation afin de mobiliser et de renseigner les professionnels de la santé sur les indications du dosage d’hormones thyroïdiennes libres. On a ensuite mis en place un système pour les tests « reflex » de la T4l pour les laboratoires, dans le cadre duquel la T4l n’est analysée que si la TSH dépasse les valeurs de référence du laboratoire ou si la demande d’analyse est assortie d’une justification clinique; la T3l n’est analysée que si une justification est fournie. Globalement, le nombre de dosages d’hormones thyroïdiennes libres a diminué de 54 %, diminution qui s’est maintenue pendant six mois. L’hôpital a ainsi réalisé des économies considérables, la satisfaction des médecins est élevée, et les résultats cliniques des patients n’ont pas souffert.

La réussite de ce projet a mené à son implantation dans d’autres établissements de Toronto, dont l’Hôpital St. Michael et le Réseau universitaire de santé.
Référence

Gilmour, J. A. et coll. Promoting resource stewardship: Reducing inappropriate free thyroid hormone testing, J Eval Clin Pract. 2017. Doi : 10.1111/jep.12698.
Cette trousse a été préparée par les Dres Julie Gilmour et Geetha Mukerji, deux des instigatrices de cette initiative.

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